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Le merle avait commencé à chanter. Quelque chose lui importait et plus rien d’autre, à ce moment-là, n’existait que le devoir impérieux de donner à entendre. Saluait-il la fin de l’hiver ? Chantait-il sa joie d’exister, de se sentir revivre ? Adressait-il une louange au cosmos ? Les scientifiques ne pourraient sans doute pas l’énoncer de cette manière. Mais ils pourraient affirmer que toutes les forces cosmiques d’un printemps naissant ont offert au merle les premières conditions de sa métamorphose. Car il s’agit bien d’une métamorphose. Ce merle chante maintenant à tue-tête, juché au plus haut et au plus visible qu’il ait pu trouver.
D’après Vinciane Desprêt, Habiter en oiseau, 2019.