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[Le vieil homme] parlait d’un pays étranger, très loin de l’autre côté de la mer, un pays très grand où les gens étaient beaux et doux, où il n’y avait pas de guerres, et où personne n’avait peur de mourir. Dans ce pays il y avait un fleuve aussi large que la mer, et les gens allaient s’y baigner chaque soir, au coucher du soleil. Tandis qu’il parlait de ce pays-là, le vieil homme avait une voix encore plus douce et lente, et ses yeux pâles regardaient encore plus loin, comme s’il était déjà là-bas.
Jean-Marie Gustave Le Clézio, Mondo, 1978