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Ma tante me demanda un jour de choisir entre des patins à roulettes et un groupe de petits soldats. Elle ne prit même pas la peine de me laisser choisir et entra acheter les patins, ce que je mis longtemps à lui pardonner. Plus tard, lorsque je commençais d’aller au lycée, elle me donnait chaque matin deux francs (je crois que c’était deux francs) pour mon autobus. Mais je mettais l’argent dans ma poche et j’allais au lycée à pied, ce qui me faisait arriver en retard, mais me permettait, trois fois la semaine, d’acheter un soldat.
D’après Georges PEREC, W ou le souvenir d’enfance, 1975