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Le chasseur d’images saute du lit de bon matin et ne part que si son esprit est net, son cœur pur, son corps léger comme un vêtement d’été. Il n’emporte point de provisions. Il boira l’air frais en route et reniflera les odeurs agréables. Il se contente d’ouvrir les yeux qui servent de filets dans lesquels les images s’emprisonnent d’elles-mêmes.
La première qu’il capture est celle du chemin. Il prend ensuite l’image de la rivière qui dort sous la caresse des saules. Puis il entre au bois.
D’après Jules Renard, Histoires naturelles, 1894