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Je suis dans le jardin, avec toi. Tu as mis ton grand tablier bleu et ton chapeau de paille aussi. Un autre que toi aurait l’air ridicule. Tu es le maître. C’est le soir et c’est l’automne. C’est doux. Tu fais brûler des feuilles mortes. Je ne te quitte pas des yeux. Tu ne me regardes pas. Tu alimentes le tas, épais, mouvant ; les feuilles ne flambent pas, elles étouffent plutôt, la fumée est dense, aigre. Tu as un grand râteau et des gestes décidés. Tu es fort, c’est toi qui ordonnes la nature, le jardin t’obéit.
Véronique Olmi, Numéro six, 2002