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Jamais il ne s’était senti une telle rage de travail ni un tel espoir, comme s’il lui avait suffi d’étendre la main, pour créer les chefs-d’œuvre qui le mettraient à son rang, au premier. Quand il traversait Paris, il découvrait des tableaux partout ; la ville entière, avec ses rues, ses carrefours, ses ponts, ses horizons vivants, se déroulait en fresques immenses, qu’il jugeait toujours trop petites, pris de l’ivresse des besognes colossales. Et il rentrait frémissant, le crâne bouillonnant de projets, jetant des croquis sur des bouts de papier, le soir, à la lampe, sans pouvoir décider par où il entamerait la série des grandes pages qu’il rêvait.
Emile Zola, L’Œuvre, Chapitre VIII, 1886