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Je n’étais pas parti la fleur au fusil. L’image était certes jolie mais elle ne reflétait pas la réalité. On n’imaginait pas que le conflit allait s’éterniser, évidemment. Personne ne pouvait le prévoir. On croyait passer l’été sous les drapeaux et revenir pour l’automne. Pour tout dire, ça ennuyait pas mal de monde cette histoire. On avait mieux à faire qu’aller taper sur nos voisins. Pourtant, on savait que ça viendrait : on nous avait bien préparés à cette idée.
D’après Gilles Marchand, Le soldat désaccordé.