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Il fallait maintenant agir. Les maquisards extériorisaient leur joie, couraient en brassant la neige jusqu’aux points de chute. Certains riaient, d’autres pleuraient, mais ils avaient tout oublié, les longues heures d’attente dans le froid, le danger latent pouvant venir d’en bas ; ce soir ils se sentaient des hommes libres et leur condition de hors-la-loi leur paraissait magnifique. — Vous rêvez, Laurent, fit Marceau. L’officier restait figé, tout droit dans la neige, et son regard se perdait dans le ciel comme s’il s’attendait à voir revenir l’avion. L’émotion crispait ses traits.
— Oui, je rêve. Je rêve au pilote qui rejoint la France libre.
Roger Frison-Roche, Les Montagnards de la nuit, 1968.